Raid nocturne dans la cuisine

Il est 7h30. Je suis à la bourre, comme d’hab. Je descends les escaliers, en évitant de shooter du pied les chats qui me font des queues de poisson pour passer devant. Sept points d’interrogation se pressent autour de moi (la queue d’un chat, quand il réclame à manger, forme souvent un crochet haut perché, à la manière d’un point d’interrogation). Ca miaule à tout va. Oooonnn a faaaiiimmm ! Arrivée à la cuisine, j’allume la lumière. Ca pique les zieux, la lumière. Et là, je vois le désastre : par terre, devant le vaisselier-garde-manger, je vois pêle-mêle des serviettes, des torchons, des boîtes de condiments, et surtout des paquets de BN éventrés… les BN ont bien tenté de s’échapper, mais tous ceux qui sont sortis des paquets ont été capturés et méticuleusement grignotés aux 4 coins. Ils sont une demie douzaine, à la fraise et au chocolat, à décorer le carrelage de la cuisine, entourés des inévitables miettes que le carnage a généré…
Bien entendu, c’est personne. Mes soupçons se portent évidemment sur Virgil, que j’ai déjà vu fouiner dans le vaisselier quelques jours plus tôt. Tous les chats marchent sur les débris comme si de rien était et ignorent complètement tout ce fatras. La prochaine ration de croquettes est leur unique préoccupation.
J’ai laissé les restes de biscuits par terre dans un coin de la cuisine toute la journée, à disposition (perdus pour perdus…), pour voir. Le soir, j’ai pu constater que les chats n’y avaient pas touché. Forcément, il leur manquait ce petit goût inimitable que les chats adorent : le goût du larcin. Même un bout de pain sec sera mangé s’il est volé !
Les chats partagent nombre de nos propres jeux, comme le jeu de cache-cache par exemple, la bagarre (pour de faux bien sûr) ou 1, 2, 3 P’tit Bonhomme de Bois (ou 1, 2, 3 Soleil).
Ex : on mange. Vénus saute sur la table, à l’opposé de nous, et s’assoit. Il y a pas mal de choses sur cette table : l’ordinateur portable, les cd, les câbles, du courrier et à l’autre bout, le nécessaire du déjeuner. Vénus se fond dans la masse. Je la regarde, elle est à côté de l’ordinateur. Je tourne la tête et m’occupe de mon assiette. Une minute après, je relève la tête, et Vénus est juste derrière le pot d’eau. Même position. Pas un bruit. Ni vue ni connue je t’embrouille, elle va refaire son p’tit numéro et aller d’objet en objet, jusqu’à être juste à côté de moi… et de mon assiette surtout. Alors si en plus, elle arrive à glisser une petite patte crochue DANS l’assiette et la tremper dans la mayo, ou en sortir un quelconque morceau (même un légume) sans que je l’aie vue, LE PIED !