L'arrivée de Rikiki
L’arrivée de Rikiki
Un bouc nain bientôt privé de son pré ? Mêêê nan mêêê nan, il vient chez nous !
Samedi : super il fait beau. Je prépare un petit enclos en prévision du nouvel arrivant : des piquets de bois, du grillage à mouton et du fil de clôture électrique. Je sépare l’abri des chevaux en deux et dégage une ouverture qui donne direct dans l’enclos. Il est petit, cet enclos, mais tout à fait extensible. Je pare au plus urgent.
Dimanche : rebeau temps. Allez zou, je vais chercher le p’tit bouc, il est à une cinquantaine de kilomètres de chez moi.
Même pas perdue, j’ai juste un peu tourné dans deux communes. Je découvre donc mon nouveau pensionnaire : il s’appelle Rikiki, et franchement, il porte bien son nom ! Cela n’empêche qu’il est drôlement joli : noir et feu, de belles grandes cornes, un manteau de poil très long, il a une sacrée allure !
Bon, côté calinou, ya du boulot, mais ça viendra. De toute façon, le moment est trop stressant pour entamer les familiarités. Le voilà attaché dans ma voiture (on a enlevé depuis longtemps la banquette arrière de notre Panda, ce qui nous fait un bon coffre), et debout Rikiki est loin de toucher le plafond. Il n’a pas l’intention de se coucher pour le voyage. Il est franchement inquiet, je le comprends.
Je reprends la route avec mon nouveau protégé. J’ai ouvert ma fenêtre, il fait chaud. Ca permet aussi de renouveler l’air dans l’habitacle : Rikiki commence à embaumer dur ! Quarante cinq minutes de route en tout, moitié campagne moitié périphérique. J’ai dû refermer la fenêtre sur une petite portion d’autoroute, et j’ai pris toute la mesure de l’expression « ça sent l’bouc »…
Nous voilà enfin arrivés au pré. Je descends Rikiki et je le fais traverser le pré en direction des deux chèvres et de l’enclos. Mais il voit d’abord les chevaux au loin et s’arrête net. C’est quoi ces monstres !! Ah nan nan nan, j’ai peur, j’y vais pas. Mais j’suis où là ! Au s’cours !!!
J’arrive quand même à le tirer jusqu’à l’abri. Ah ! Des chèvres ! Cool ! Ouuaaahh, mais c’est qu’elles sont drôlement jolies ces biquettes.
Je lui présente Apostrophe. Comme c’est une chèvre alpine, Rikiki paraît franchement tout petit à côté d’elle. Mais il se sent pousser des ailes et veut l’emballer sur le champ ! Hé oh, tout doux Rikiki. Je lui présente Miss Daisy : bon, ok, mais c’est Apostrophe qui l’intéresse !
Les chevaux se sont approchés pour voir le nouvel arrivant. On se renifle de loin, on se jauge, mouai, bon, on verra plus tard.
Je mets Rikiki dans son petit enclos. Il reste dans un coin de l’abri pendant que je vais voir les chèvres. Miss Daisy est déchainée : j’ai l’idée de me cacher derrière sa niche pour jouer avec elle, et ça marche ! Il s’en suit un échange de j’te vois-j’te vois plus, de cabrioles, elle fonce sur la niche, saute sur le toit pour me surprendre, et repart à fond. Elle s’amuse comme une folle.
Il est temps de rentrer, une douche s’impose pour moi ! Un petit coup d’œil à Rikiki. Je préfère l’attacher dans l’enclos avec une corde de
Il goutte l’herbe grasse de printemps qui lui arrive au ventre. Il s’arrête et me regarde partir.
J’arrive chez moi, j’ouvre le coffre et les fenêtres de la voiture et vaporise du spray désinfectant et désodorisant partout. Mes fringues partent directement à la machine. J’aurai dû mettre mon sac en toile avec, il est « imprégné ». Même mon téléphone mobile sent le bouc ! On laisse la voiture grande ouverte toute la nuit, en espérant que cela suffise… C’est mon chéri qui y aura droit demain matin, moi je suis en moto !!!