Maison daujourdhui, maison de Oui-oui
… mais sans soucis d’écologie
Oulla, mais c’est qu’il ne fait pas chaud à Nantes ! On est le 18 août et j’ai ressorti mes pulls pour faire de la moto. Mince alors.
Le bois de chauffage est commandé, livraison mi septembre, youpi. Découpé à dimension, propre, cerclé, palettisé, c’est cool. Reste plus qu’à construire l’abri à bois, dans mon petit jardin, modèle « jardin de Oui-oui » : c’est à la mode ça maintenant, les jardins de Oui-oui, dans lesquels sont construites les maisons de Oui-oui, où il faut caser le plus grand nombre de personnes dans un minimum d’espace. Nous avons pourtant tendance à grandir et grossir, et à nous éloigner de la taille de Oui-oui, et paradoxalement notre lieu de vie rétrécit. Actuellement, je vis dans une maison moitié moins grande que celle de mes parents, tout en la payant trois fois plus cher. Tout va bien.
Du coup, la voiture ne dormira jamais dans le garage qui sert de débarras-local vélos-arrière cuisine-atelier-abris de jardin, vu qu’il n’y a nulle part ailleurs pour mettre tout ce fatras. Et pourvu que l’on ait un passe-temps quelconque qui nécessite un peu d’équipement, ou que l’on ait des enfants, et c’est tout simplement invivable.
Si l’on a l’idée saugrenue de vouloir faire quelque économie d’énergie ou d’eau, là c’est rock’n roll : allez installer dans un jardin de Oui-oui un récupérateur d’eau (enfoui ou non), un composteur, ou une réserve de bois pour votre poêle tout neuf, pour voir. Non seulement les maisons qui se construisent en grappes depuis les années 2000 sont minuscules et très chères (ou moins minuscules mais hors de prix), mais elles obligent à consommer et donc acheter les énergies standard (électricité, gaz) et l’eau potable, livrées d’office. Résultat unique : des bénéfices assurés pour les fournisseurs.Si nous sommes sensibles à la préservation de notre environnement, nous payons alors tout en double : l’accès aux énergies standard ET après coup les installations permettant d’utiliser les énergies renouvelables (je parle ici des lotissements vendus sur plan, faits de maisons de Oui-oui pour trentenaires, toutes les mêmes, pas des maisons d’architecte individuelles).
On serait presque rabat-joie de parler de l’épuisement et de la préservation de certaines ressources. Nous mangeons régulièrement du « il en va du maintient de l’emploi » pour préserver les grandes industries. Pourtant des secteurs d’activité entier se marginalisent ou disparaissent, d’autres naissent. Ce n’est pas nouveau. Et les trentenaires savent d’ailleurs qu’il leur faudra passer par plusieurs emplois/ métiers différents au cours de leur carrière professionnelle. Où est donc le problème ? Sommes-nous si peu pragmatique que l’on ne peut se demander s’il y a un intérêt quelconque à arroser le jardin ou à évacuer le pipi et le caca avec de l’eau potable ? Franchement.
C’est à nous, individus, de provoquer l’évolution. Il faut en parler autour de nous, beaucoup. Les élections arrivent, les élus et les prétendants au pouvoir se pressent, c’est le moment de leur rappeler qu’un minimum de bon sens serait profitable à tout le monde…
Pourquoi ne pas demander à ce que les maisons soient livrées équipées d’un récupérateur d’eau enfoui, d’un composteur et/ou d’un panneau photovoltaïque, par exemple ?Affaire à suivre…